JE ME BALADE AVEC ICÔNOR
Ton imagination donne le vertige. Ce Monde que tu as inventé, qui
ressemble au nôtre en pire, mais également le reflète dans ses élans les
plus humains, on s'y meut assez vite en s'attachant à ses personnages
les plus combatifs. J'aime beaucoup leurs monologues, mais aussi tes
descriptions de paysages piégés, d'architectures inquiétantes, de
manigances troubles, d'actions héroïques. Et ce ressort politique de la
division des êtres entre ceux qui rêvent (les Souterrains) et ceux qui
ne rêvent pas (les Privilégiés) te permet une intrigue dramatique d'une
actualité impressionnante. La Machine à Voler les Rêves est une
trouvaille superbe. Et j'aime aussi comment tu écris, avec des mots que
tu inventes ("je me joncte") ou des mots simples, ordinaires, qui
débouchent soudain sur de l'extraordinaire. J'ai souligné beaucoup de
phrases dont j'aimais l'allure, la facture. Et parfois j'ai écrit "Très
beau" dans la marge, par exemple à la fin du premier paragraphe du
chapitre 11. "Il y avait un ciel bas qui leur semblait comme une toile
tendue au-dessus d'eux. Ils croyaient entendre le bruit du vent claquer
dans la toile. Par endroits, ce ciel était troué, et par les trous, ils
ne voyaient rien." Trois pages plus loin, Bross arrive à toucher le ciel
et à le tirer à lui, à le déchirer comme une toile... C'est magnifique.
Le Rêve devient réalité. Jean Paul Fargier
- le 24 avril 2025 : recontre-dédicace